Fin mai, 1916, le 93ème Régiment reçoit l’ordre d’embarquement à destination de Verdun. Lui aussi se voit octroyer le droit de participer à la grande bataille qui se joue depuis le 21 février 1916.

Le départ est prévu le 27 mai et l’unité embarque en train depuis les gares de Cuperly et St Hilaire. 

Par étapes successives, l’unité gagne la zone de Verdun (bois de Nixeville) le 5 juin 1916 et ira cantonner dans sa Citadelle quelques jours plus tard, le 9 juin.

À partir du 7 juin, avec le 137ème, les Chefs de Corps et de Bataillons du 93ème procèdent à des reconnaissances du terrain sur la rive droite de la Meuse, définies selon plusieurs hypothèses d’attaque des Allemands données comme suit selon les pièces annexes au JMO du 93ème RI :

-          1ère hypothèse : l’ennemi débouche des lisières Sud du bois de Nawé. Le Régiment (93ème ou 137ème) est appelé à s’engager sur le front du bois de Nawé, entre la route BRAS – LOUVEMONT et la côte de FROIDETERRE, avec mission de refouler l’ennemi dans les ravins de la Dame et de la Carrière.

-          2ème hypothèse : l’ennemi a pris pied sur la crête FLEURY – ouvrage de THIAUMONT. Le Régiment est appelé à s’engager soir par le ravin des Vignes, soit par celui du bois de FLEURY, avec mission de reprendre la crête à l’ennemi.

 

Ouvrage Thiaumont

 

 Chacun des 2 régiments devant étudier à tour de rôle les 2 hypothèses.

 Le 9 juin, le 1er Bataillon (CDT MAUNOURY) monte au bois des Vignes où il est à la disposition de la 151ème DI. Chaque homme part avec deux jours de vivre et 200 cartouches. Les 2 autres bataillons, eux, se préparent à suivre.

 C’est durant les 2 nuits suivantes que 4 bataillons de la 42ème Brigade relèvent la 304ème.

Le lendemain, le 1er Bataillon passe en ligne dans le ravin de la Dame (aussi appelé ravin de la Mort) et est remplacé au bois des Vignes par le 2ème Bataillon.

Dans la nuit du 10 au 11, le 2ème Bataillon du Régiment (CDT de TINGUY)  se porte à hauteur du village de Bras et rejoint le ravin des Vignes.

Dans ce mouvement de relève, se croisent le 93ème et son régiment de réserve, le 293ème RI.

                                                                                                                                                                                                                                                         Celui-ci laisse au moins un homme sur le terrain Paul Merlant qui repose toujours sous le poste 118.

293 Merlant P-L-E-M tombe

En ce début du mois de juin, aucune perte n’est à signaler pour le Régiment de La Roche sur Yon.

Le 11  juin, les éléments déjà en ligne subissent un violent bombardement allemand et, le 12 au matin, celui-ci subit une importante attaque ennemie.

Le 93ème tient bon mais, à sa droite, le 137ème se trouve débordé. Les combats sont intenses mais le 93ème prend le choc et retient les Allemands.

Pendant ce temps, le Bataillon De TINGUY est alerté et 3 de ses compagnies avancent en ligne en renfort du 1er Bataillon fortement éprouvé.

Le 3ème Bataillon du 93ème toujours stationné à VERDUN, est désigné par le Général cdt la 151ème Division pour renforcer si besoin la garnison des forts de FROIDETERRE et de St MICHEL soit :

-          FROIDETERRE, 2 sections d’infanterie

-          ST MICHEL, 1 section d’infanterie, 2 sections de mitrailleuses.

 Mais, au final, celui-ci va occuper lui aussi le Bois des Vignes. Il couvre le 39ème  qui repart à l’offensive en direction de la Ferme THIAUMONT.

Aidé des 137ème, 39ème, et 410ème RI, l’unité parvient à consolider son front et à arrêter l’attaque allemande.

Les combats ont durement éprouvé le Régiment, notamment le 1er Bataillon.

Pendant les 5 jours de combat, le Régiment n’a pas failli et la conduite de l’unité a été au-dessus de tout éloge. Nombre de cas d’héroïsme et de bravoure ont été constatés et le Lieutenant-Colonel LAFOUGE demanda à les voir récompenser.

Un des exemples vient de la 2° Compagnie de mitrailleuses qui fut citée à l'ordre de l'armée :

« Sous les ordres du Capitaine De BAISSE, du Lieutenant GUIBERT a et du Sous-Lieutenant LANNOU, ayant reçu mission d'aller prendre a position sur le versant opposé d'une crête battue par l'artillerie ennemie, dès les premiers pas, eut ses trois officiers blessés, ses 8 pièces enterrées et 45 hommes atteints sur 90. Loin de perdre a courage, les survivants n'ont eu d'autre souci que de déterrer leurs pièces et de se reformer.

À la tombée de la nuit, 4 pièces étaient retrouvées, deux complètement nettoyées et remises en état de tirer, une section complète était organisée sous le commandement du Lieutenant GUIBERT qui fortement contusionné, était resté à son poste. »

 Le sergent POUPIN Léon Joseph (cl1906 La Roche, matricule 535) fut cité lui aussi suite à son action durant les combats de THIAUMONT.

93 Poupin L-J citation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   

Le 14 juin, après 5 jours de durs combats, le sous-secteur occupé par le 93ème (sous-secteur de gauche de la Brigade), commandé par le Lieutenant-Colonel LAFOUGE est organisé de la façon suivante :

- en 1ère ligne à droite 3ème Bataillon sur son emplacement à droite.

- en 1ère ligne à gauche 1er Bataillon sur son emplacement

- bataillon de réserve, 2ème Bataillon au ravin des 3 Cornes.

 Le 15 juin, le Régiment, particulièrement touchée, est relevé entièrement par des fractions des 64 et 65ème RI.

Après la relève, les 3 bataillons occupent dans l’ordre des numéros, le centre D (ouvrage du Bois FLEURY), le bois la Ville et le bois des Vignes.

Le 16, ils rejoignent Nixéville pour cantonner avant d’être enlevés par automobiles et partir sur Ville sur Saulx et Saudrupt.

Le Régiment part en repos afin de se reconstituer du côté de Bar-le-duc après les durs combats de Thiaumont.

 Le 93ème Régiment d’Infanterie ne sera resté que 5 jours au front en juin au cours desquels il aura tout de même perdu 662 hommes dont un maximum le 12 juin.

Il ne connaitra aucune perte supplémentaire en ce dur mois de juin mais aura payé un lourd tribu au cauchemar de Verdun en quelques jours.

 

Pièce particulière en provenance du site des combats, un couvercle de gamelle française provenant de la zone située entre l’ouvrage de THIAUMONT et le ravin de la Mort.

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Le jour de la trouvaille, des chiffres étaient perceptibles. Et après un bon nettoyage, on peut lire: Manceau 1913.                                              

Le 12 juin 1916, est blessé autour des ouvrages de THIAUMONT, le soldat de 1ère classe MANCEAU Jean Baptiste Jacques, né le 7 mai 1893 à La Verrie (85), classe 1913 au recrutement de Fontenay.

Serait-ce une partie de sa gamelle qu'il aurait lors des furieux combats de juin 1916 a cours desquels il fut blessé? Et qui serait revenu à nous près de 100?

Le doute subsiste mais la coïncidence est grande.

 

Et pendant que le 93ème RI luttait difficilement à THIAUMONT, quelques centaines de mètres plus loin, son cousin vendéen de Fontenay-le-comte subissait lui aussi de lourdes pertes qui donneront plus tard le mythe de la Tranchée des Baïonnettes.

 

État des pertes pour la période du 10 au 15 juin 1916 (pièces annexes 299 du JMO):

93_pertes_juin_1916

 A St Jean de monts (85), tombe du soldat Barranger, blessé le 12 juin 1916 et décédé le lendemain.

93 Barranger P-H-J tombe

93 Marais A-P-A tombeDans la nécropole de Faubourg-Pavé à Verdun, celle du caporal Marais Auguste, tué le 14 juin 1916.