Après avoir passé les fêtes de fin d’année au repos, le 93ème RI remonte en ligne le 11 janvier.

Direction la côte du Poivre au nord du village de Bras sur Meuse entre Louvemont et Douaumont. Selon l’historique, le secteur est « calme » mais décourageant. Les abris et les boyaux sont rudimentaires. Et surtout, la météo est défavorable aux soldats. Un froid humide suivi de chutes de neige pour commencer. Puis la température qui descend à – 20° contraint à l’évacuation de nombreux soldats pour gelure des pieds. Cela rendait le sol glissant et impraticable aux corvées.

Mi-février, le régiment part en repos à Vitry le François puis gagne le camp de Mailly à la fin du mois.

Après un mois, entre transit et zone de repos, l’unité se rend dans l’Aisne.

Il court après l’ennemi qui retraite et reprend les bois de Courson et Quincy puis Landricourt.

Relevé, il prend repos puis remonte vers les premières lignes mi-avril dans le secteur de Troyon :

le 93ème RI est sur le Chemin des Dames. De dures journées arrivent avec pour « consécration » une deuxième palme à sa croix de guerre suite à la conquête du village de Cerny.

« Le 5 mai 1917, sous les ordres du Lieutenant-Colonel Lafouge, s'est emparé, en moins de deux heures, en un superbe élan, d'une série de tranchées, opiniâtrement défendues, y capturant 750 prisonniers dont 11 officiers, 9 mitrailleuses et 8 lance-bombes; poursuivant rapidement ses succès a ensuite pris pied dans un village fortement organisé, point sensible de la ligne ennemie et ne l'a abandonné que parce que son ardeur offensive, l'avait isolé des corps voisins, retardés dans leur progression. A conservé les premières positions conquises malgré les contre-attaques réitérées menées avec un acharnement jusqu'alors rarement dépassé. »

Le soldat Brochard y laissa la vie le 7 mai et fut cité à titre posthume.93 Brochard M-J-C citation

Les combats sont très éprouvants mais malgré tout, les hommes continuent sans cesse comme en témoigne l’action du sergent Leboucher en patrouille.

« Le 8 mai au soir, une attaque allemande se déclenche vers le débouché du tunnel dans le ravin. Le Sergent Leboucher demande à partir en reconnaissance pour se rendre compte de ce qui se passe dans le ravin. Suivi de quatre grenadiers, il s'avance et se trouve en présence d'une patrouille allemande forte d'une trentaine d'hommes. Avec une folle bravoure, il l'attaque, abat 3 Allemands de sa main et fait 3 prisonniers, pendant que ses grenadiers imitant, son exemple, accablent de grenades le groupe ennemi qui, effrayé, s'enfuit, nous abandonnant 11 autres prisonniers. »

L’unité très éprouvée retourne au repos le 10 mai pour revenir en ligne à St Quentin sur la Somme début juillet.

La période fut assez calme pour le 93ème qui resta là jusqu’au début du mois de septembre.

Fin septembre, le régiment retourne sur le Chemin des Dames du côté d’Ostel.

93 chemin des Dames1                                                                    Graffiti dans une creute près d'Ostel photgraphié en mai 2013.

Le 6 octobre, il se déplace et se trouve plus à gauche vers Rouge-Maison. Le régiment cantonne dans toutes les creutes de la région « Hammeret, le Panthéon, PC Chamois.. »

Le 15 octobre, le colonel De Gouvello, commandant la 41ème Brigade, ancien commandant de bataillon au sein du 293ème RI, régiment de réserve du 93ème, "cita" l'arrière grand-père de ma femme à l'ordre du régiment.

93 Pottier citation

Il participe aux combats qui permettent de prendre pied sur la crête du Chemin des Dames le 25 octobre.

Entre repos et première ligne, l’unité est encore dans cette région à la fin de l’année 1917.

pertes_93_1917